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Stevia bio antioxydant naturel puissant

Le règlement n°1131/2011 (JOUE du 12/11/11) vient d’autoriser, au niveau européen, la famille entière des glycosides de stéviol (E960) dans plusieurs catégories de denrées.

En 2009, la France avait figure de pionnière en ouvrant le marché de la Stevia, mais en le restreignant toutefois au seul rébaudioside A purifié. Effective au 02 décembre 2011, cette décision tant attendue devrait mettre fin à l’attentisme des opérateurs qui souhaitent mettre en œuvre des stratégies commerciales dépassant le cadre hexagonal. Elle apporte, de plus, un argument de compétitivité économique. « Les industriels peuvent désormais utiliser des extraits non purifiés. Cette simplification du process permet de proposer des extraits de Stevia moins onéreux que le sucre », précise Joël Perret, dirigeant de Stevia Natura, précurseur des extraits de Stevia en France.

Dès le 02 décembre, c’est la famille entière des glycosides de stéviol extraits de Stevia qui pourra être utilisée au niveau européen

Dès le 02 décembre, c’est la famille entière des glycosides de stéviol extraits de Stevia qui pourra être utilisée au niveau européen

10 % du marché aux Etats-Unis

« Dans les semaines et les mois qui arrivent, les consommateurs européens vont voir arriver de nouveaux produits édulcorés avec de la Stevia tels des yaourts, des céréales, des boissons, des confiseries, des chocolats et des édulcorants de table », affirme Carl Horn, président de l’International Stevia Council. Egalement p-dg du fournisseur suédois The Real Stevia Company, il dit s’attendre « à une progression des extraits de Stevia sur le marché du sucre et des édulcorants en Europe similaire à celle observée aux Etats-Unis ». En effet, Outre-Atlantique, les glycosides de stéviol devraient atteindre 10 % du marché des sucres et édulcorants totaux fin 2011, trois ans après avoir obtenu le statut GRAS.

Pour Coca-Cola France, la décision de la Commission européenne offre l’opportunité d’élargir le spectre des boissons à teneur réduite en calories. « Avec le lancement en France de Fanta Still il y a deux ans, nous étions la première entreprise européenne à proposer une boisson aux fruits à base d’extrait de Stevia, souligne Véronique Bourez, présidente de Coca-Cola France. Cette décision nous permet de franchir un pas supplémentaire pour proposer des boissons à teneur réduire en calories toujours plus variées, tout en préservant leur goût unique ». Rappelons que l’extrait de Stevia développé par le groupe Coca-Cola et Cargill est déjà présent dans trente produits du groupe au niveau mondial.

” Des doses limitées mais suffisantes”

Cette autorisation est la suite logique de l’avis publié en 2008 par le Jecfa, et dont les termes avaient été repris par l’Autorité européenne de sécurité des aliments dans son avis du 10 mars 2010. Le point clef : une dose journalière acceptable (DJA) fixée pour les glycosides de stéviol à 4 mg (en équivalents stéviols) par kg de poids corporel par jour. Mise en relation avec des études d’estimation de la consommation, cette DJA a conduit à la fixation de quantités maximales par catégories de produits. Elles sont toutefois plus faibles que celles attendues par les professionnels.

« Les doses autorisées sont relativement limitées, mais quand même suffisantes pour répondre aux attentes des industriels, à l’exception de sodas contenant autour de 100 g/l où là il n’est pas possible de remplacer 100% du sucre », explique Joël Perret. Ce qui ne semble en rien rédhibitoire. Le principal marché attendu pour l’édulcorant d’origine naturelle n’est pas la substitution totale du sucre, mais bien son utilisation en association avec d’autres composés sucrants.


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Stévia bio antioxydant naturel puissant

Le feuilleton aspartame continue. Souvenez-vous : le Réseau Environnement Santé (RES) – cette association de lanceurs d’alerte qui a œuvré pour l’interdiction du bisphénol A dans les biberons – lutte pour une réévaluation des doses journalières admissibles (DJA) d’aspartame.
Tout comme l’eurodéputée Corinne Lepage, qui a organisé une audition ad hoc au Parlement européen. Début 2011, suite à la publication d’une étude inquiétante sur la survenue d’accouchements prématurés chez des femmes enceintes consommatrices de soda light, le RES avait demandé aux autorités sanitaires françaises et européennes de prendre position. Et à la Commission européenne de fournir une copie du dossier d’homologation de l’édulcorant.

Non à l'aspartame

Non à l’aspartame

Après avoir bien fouillé – ce qui lui a pris plusieurs mois –, la Commission a enfin fait savoir le 13 juillet au RES qu’elle avait « transmis une copie des dossiers qui sont en sa possession et qui ont été recueillis auprès des archives historiques de la Commission à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), ainsi qu’à madame Lepage. »

L’EFSA pas tenue responsable de l’homologation de l’aspartame
On peut s’étonner que l’EFSA, pourtant chargée d’émettre des avis sur la sécurité des aliments, n’ait jusque-là pas eu le dossier en sa possession. Mécanisme communautaire classique, comme l’explique François Damerval, assistant parlementaire de Corinne Lepage : l’agence a été créée en janvier 2002, après la crise de la vache folle… A fortiori bien après l’homologation de l’aspartame en Europe, en 1984.

Ce qui se révèle pratique, car même si aujourd’hui l’EFSA est attaquée pour conflits d’intérêts sur ce dossier, elle ne sera jamais tenue responsable des erreurs antérieures…

Que contient cette copie du dossier ? François Damerval :

« Des pages et des pages de données techniques, dont chacune a été scannée individuellement avant de nous être transmise. Il va encore falloir des mois pour tout compiler. » Des études qui ont échappé aux règles de déontologie scientifique

« Vous verrez, ça risque d’être éclairant »
Pas grave, répond Laurent Chevallier, médecin du Réseau Environnement Santé :

« Nous sommes en train d’analyser les résultats de toutes les études depuis la demande d’homologation de l’aspartame, en fonction de la source de financement. Vous verrez, ça risque d’être éclairant ! »

Version de la Commission… édulcorée :

« Nous pouvons aussi vous confirmer que les études originales, comprenant les données
brutes, ont été transmises à I’EFSA par I’industrie, suite à un appel public pour recueillir des données scientifiques. »

Traduction : les études financées par l’industrie tendent à prouver l’innocuité de l’édulcorant, tandis que celles financées par des instituts de recherche indépendants montrent majoritairement l’inverse !

Ce qui, toujours dixit le facétieux Réseau Environnement Santé, revient à admettre que « ces études n’ont jamais été publiées dans un journal scientifique et donc validées par le jugement des pairs selon les règles de déontologie scientifique habituelle. Elles ne peuvent donc pas être prises en considération pour fixer une DJA ».

Embêtant lorsqu’on sait que la rhétorique des fabricants et des industriels utilisateurs d’aspartame (dont l’Association Nationale des Industries Alimentaires, en France, (ANIA ) repose en grande partie sur le fait que les études anti-édulcorants manquent de sérieux scientifique.

La stevia tombe à point nommé
Heureux hasard du calendrier : la stevia est en passe d’être définitivement autorisée au niveau européen, après un vote en faveur des glycosides de stéviol le 4 juillet.

« L’autorisation de la stevia est passée il y a trois semaines, maintenant l’aspartame peut être sur la sellette » résume François Damerval. En langage communautaire, ça donne :

« La Commission suivra de près la réévaluation complète de l’aspartame, laquelle est maintenant prévue pour septembre 2012 [dans une première lettre, la Commission mentionnait septembre 2011… lapsus calami, ndlr]. »

Comme les choses (et les lobbies ? ) sont bien faits…
sources: Colette Roos | Journaliste


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Un nouvel édulcorant de table est autorisé depuis peu en France : la Stevia bio antioxydant naturel puissant. Le marché du sucre est en ébullition.

 

Une plante controversée débarque dans les cuisines françaises : la Stevia(stevia rebaudiana), un édulcorant naturel qui pourrait bientôt remplacer le sucre de canne et le sucre de betterave. Aussi appelé rébaudioside A, cet édulcorant a la capacité de sucrer 200 fois plus que le sucre classique et peut servir à la confection de pâtisseries, confiseries, boissons et autres.
Alors que la Stevia est consommée au Japon depuis plus de 30 ans, vendue sous forme de poudre blanche, cette alternative naturelle au sucre classique peine à s’installer en Europe, notamment en France.
Longtemps banni au motif que son innocuité n’était pas suffisamment prouvée, le rébaudioside A n’est autorisé sur le territoire français que depuis septembre 2009. La France a été le premier pays européen à l’autoriser, jusque-là en tant que simple complément alimentaire. Sa commercialisation sous forme d’édulcorant de table vient d’être légalisée dans un arrêté publié le 15 janvier au Journal officiel.
D’origine sud-américaine, c’est dans son feuillage que la Stevia synthétise des édulcorants naturels : des stéviosides, des stéviols et des rébaudiosides. Ces composés à fort pouvoir sucrant ne contiennent aucune calorie.
Un nouveau venu sur le marché du sucre
Mais les fabricants d’édulcorants de synthèse ne veulent pas voir s’implanter un concurrent, 100% naturel de surcroît.
Les géants de l’agroalimentaire ont donc pris les devants et verrouillé le marché : la société Mérisant, qui produit et commercialise Equal, Canderel et d’autres édulcorants dans le monde entier, détient plus du tiers du marché des édulcorants de table basses calories, estimé à un milliard et demi de dollars.
Mérisant s’est ainsi associé à Pepsi pour fabriquer des sucrettes (n.déposé) à base d’extraits de Stevia et conquérir le marché français.
La Stevia, l'édulcorant naturel qui menace l'aspartame

La Stevia, l’édulcorant naturel qui menace l’aspartame

La crainte des lobbies de l’aspartame
Dans une interview donnée à France Info en octobre 2009, Philippe Reiser, directeur scientifique du Centre d’études et de documentation du sucre (Cedus), démentait tout lobbying des fabricants pour limiter l’autorisation des extraits de Stevia:
« C’est nous donner beaucoup de crédit que de considérer qu’il y a eu une pression efficace qui aurait visé à empêcher l’autorisation d’un nouvel édulcorant. Je pense que c’est un compétiteur sérieux des édulcorants artificiels, de l’aspartame en particulier, mais pas du sucre classique. »
Coca Cola et Pepsi se sont pourtant empressés de déposer un brevet sur le rébaudioside A et de s’en servir en tant qu’édulcorant pour la fabrication de boissons qui devraient arriver la France cette année. Aux États-Unis, de nouvelles boissons à base de Stevia sont d’ailleurs déjà commercialisées, comme le Sprite Green de Coca Cola.
Au Japon, la Stevia occupe déjà 40% du marché des substituts du sucre. Une vraie menace que les lobbies de l’aspartame ont essayé d’enrayer en faisant pression sur la Commission européenne. La Stevia a été soupçonnée d’engendrer des troubles de la fertilité, mais l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a statué en 2008 et le rébaudioside A est officiellement blanchi de tout soupçon.
Edulcorant de luxe
Le 11 décembre 2009, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a émis un projet d’arrêté modifiant l’autorisation de septembre 2009 relatif à l’emploi du rébaudioside A comme additif alimentaire. Alors que ce composé serait thermiquement instable au-delà de 120°C, l’arrêté a malgré tout été publié en janvier.
En outre, il reste encore interdit de consommer les feuilles de la Stevia séchées et broyées comme le faisaient les Indiens Guarani pour adoucir leurs tisanes.
En tant qu’édulcorant, sa consommation n’induit pas de hausse de la glycémie et est par conséquent tolérée par les diabétiques. Un bémol : son prix, qui pourrait freiner son invasion. Il faut débourser 9,90 euros pour 50 grammes de poudre, ce qui le rend dix fois plus cher que l’aspartame. Malgré tout, la Steviapourrait remplacer d’ici cinq ans de 20 à 25% des édulcorants de synthèse.
Photos : un agriculteur paraguyen montre des feuilles de stévia, en juillet 2007 (Jorge Adorno/Reuters) ; un pot de Stevia en poudre (Akajos/Flickr).

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La stévia bio antioxydant naturel puissant: plante miracle ?

Carte d’identité :
Embranchement : Spermatophytes
Sous-embranchement : Angiospermes
Classe : Dicotylédones
Ordre : Asterales
Famille : Asterceae
Genre : Stevia
Espèce : Rebaudiana
Stevia Rebaudiana (Bert.) Bertoni
Mais qu’est ce que la stévia ?
Stevia Rebaudiana Bertoni, plus couramment appelée “stévia”, est une plante sud-américaine, encore méconnue en Europe – alors qu’elle a déjà conquis le Japon avec plus de 2000 tonnes de feuilles séchées consommées par an – dont l’histoire est singulière.
L’action prend place il y a un peu plus de cent ans, au Paraguay. Un botaniste du nom de Bertoni, originaire de Suisse, s’intéresse à cette plante dont il a entendu parler par des herboristes locaux.
Son premier constat : « un petit morceau de feuille est suffisant pour sucrer la bouche plus d’une heure »… Ce témoignage essentiel va mettre en émoi la communauté scientifique internationale pour plus d’un siècle, engendrant multiples publications et colloques internationaux.
Mais pourquoi un tel intérêt scientifique ?
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Une partie de la réponse tient dans l’affirmation «  sucrer la bouche plus d’une heure » de Bertoni ; en effet la stévia est reconnue par une grande majorité de scientifiques comme étant un édulcorant 200 à 300 fois plus sucrant que le sucre, totalement sain, sans aucun apport calorique et bien sûr 100% naturel.
Les recherches vont désormais au-delà de cette propriété gustative. Des vertus telles que le contrôle de l’appétit, l’amélioration de l’hygiène buccale ou nasale, la diminution de la pression sanguine, la régulation du taux de sucre dans le sang, la guérison accélérée de petites coupures ou bien le soin de la peau sont également avancées, élargissant considérablement l’impact qu’aura la stévia sur les produits alimentaires, cosmétiques ou pharmaceutiques de demain.
Fort de toutes ces découvertes, quelle est la position actuelle de la stévia dans le monde ?
D’un côté, de nombreux pays, dont le Japon en pionnier, se sont lancés dans l’industrialisation de la stévia. Elle fait désormais partie du paysage japonais, figurant dans les compositions de nombreux aliments tel que la sauce soja, les boissons énergisantes, les yaourts, le riz et le thé aromatisé, ou bien encore les savons, les bains de bouche, les lotions et crèmes pour le visage…
D’un autre côté, cette plante étant souvent considérée comme un nouvel aliment, notamment en Europe, elle doit prouver qu’elle n’est pas toxique pour pouvoir être consommée – à la différence de toutes les plantes qui nous entourent depuis des siècles et dont la sûreté a été admise depuis longtemps.

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Stevia rebaudiana bio antioxydant naturel puissant appelé aussi « chanvre d’eau » ou simplement « stévia » fait partie de la famille des Asteraceae.

Cette espèce contient des édulcorants intenses naturels. Originaire des régions tropicales d’Amérique du Sud et d’Amérique Centrale (nord du Mexique), cette plante pousse à l’état sauvage dans des prairies ou des massifs montagneux, sous un climat semi-aride.

La stévia est cultivée pour servir d’édulcorant dès l’époque précolombienne par les Guaraní. Elle est aujourd’hui cultivée et utilisée à grande échelle dans de nombreux pays d’Amérique du Sud et d’Extrême-Orient. Elle représente une part importante des édulcorants consommés au Japon et en Australie. Des extraits de la plante n’ont été autorisés qu’en août 2008 en Suisse et en décembre 2008 aux Etats-Unis. L’Autorité européenne de sécurité des aliments émet à son tour le 14 avril 2010 un avis favorable pour l’utilisation de différents extraits purifiés de stevia, les glycosides de stéviols (stévioside, dulcoside A, rubusoside, steviolbioside, rébaudioside A, B, C, D, E et F), en tant qu’additifs alimentaires1, reprenant la position de la France où l’utilisation du rébaudioside A (édulcorant purifié à 97%) est permise provisoirement pour une durée maximale de 2 ans depuis janvier 20102.

Il convient de distinguer la plante, dont les feuilles peuvent être séchées et réduites en poudre grossière (généralement de couleur brune), et les édulcorants issus de la plante (stéviols, stéviosides et rébaudiosides principalement), qui sont extraits par macération dans des solutions hydro-alcooliques, puis purifiés, séchés et présentés en poudre fine (généralement de couleur blanche).

Les édulcorants intenses laissent une sensation sucrée qui dure plus longtemps que celle du saccharose. Certains peuvent laisser un léger goût amer ressemblant à la réglisse, surtout à forte concentration, mais cet arrière goût réglissé n’est provoqué chez la Stevia que par le composé rébaudioside A. Leur fort pouvoir sucrant (jusqu’à 300 fois celui du saccharose) suscite l’intérêt comme alternative au sucre.

Histoire

Les Indiens guarani ont utilisé pendant des siècles l’espèce Stevia rebaudiana comme édulcorant et comme plante médicinale. Ils l’appelaient ka’á-he’ê3, ce qui signifie herbe sucrée, et l’utilisaient pour adoucir l’amertume du maté. La feuille de stevia a un pouvoir sucrant 30 à 45 fois fois supérieur à celui du sucre4.

En 1931, des chimistes français ont isolé un hétéroside qui donne son goût sucré aux feuilles de cette plante. Ils le nomment stévioside et isolent comme aglycone son agent sucrant, le stéviol. Le pouvoir sucrant du stévioside fut evalué à environs 300 fois plus fort que le sucre de canne3. Depuis d’autre molécules sucrantes minoritaires basées sur le même aglycone ont été isolées, leur pouvoir sucrant variant de 30 à 450 : les rébaudiosides (A-F), le rubusoside, le stéviolbioside et le dulcoside A. Le stévioside et le rébaudioside A sont les composés sucrés majoritaires.

Au début des années 1970, les Japonais ont commencé à cultiver la plante et à produire des extraits pour remplacer les édulcorants artificiels, tels que le cyclamate ou la saccharine. Le liquide extrait des feuilles et le stévioside purifié sont utilisés comme édulcorants et commercialisés au Japon depuis 1971. Ils représentent 40 % du marché des édulcorants en 2005 dans ce pays qui en est le plus grand consommateur au monde.

La plante est maintenant cultivée et consommée dans de nombreux pays d’Asie : Chine (depuis 1984), Corée, Taïwan, Thaïlande et Malaisie. On le trouve aussi en Amérique du Sud (Brésil, Paraguay et Uruguay) et en Israël. La Chine est le plus grand exportateur de stévia.

Au sein de l’Union européenne, la demande d’autorisation des feuilles a été demandée en 1998 et en 2007 (association Eustas – European Stevia Association). La plante est en effet un nouvel aliment au sens du règlement 258/97 relatif aux nouveaux aliments et nouveaux ingrédients alimentaires. Insuffisament étayée, la demande datant de 1998 a abouti à un refus de commercialisaton7. Le Paraguay a autorisé la plante stévia en 2004.

La demande d’autorisation d’extraits de stévia dans l’alimentation a été déposée par Morita Kagaku Kogyo (1e firme japonaise à le commercialiser en 1971) en janvier 2007 et Cargill en novembre 2009. L’évaluation du dossier de demande d’autorisation déposé en 2007 a finalement été terminée le 14 avril 2010 par l’EFSA.

Rebiana est la marque commerciale de l’édulcorant contenant principalement la rébaudioside A (appelée aussi Reb A), Truvia est celle développée conjointement par Cargill et la société Coca-Cola, PureVia par PepsiCo.

Culture

Elle atteint 40 à 60 cm, parfois jusqu’à 1 m de hauteur et fleurit en août-septembre. Elle est aujourd’hui cultivée en Argentine, au Brésil, en Uruguay, en Amérique Centrale, aux États-Unis et au Canada dans le sud de l’Ontario, en Chine, en Corée, au Japon, en Thaïlande, en Israël, en Angleterre…

Ses tiges faibles semi-ligneuses portent des feuilles opposées, les petites fleurs blanches apparaissent sur des têtes indéfinies. Elle est autostérile et son pollen peut être allergène, les graines sont petites et sont dispersées par le vent grâce à leur pappus duveteux.

Elle prospère en plein soleil, dans des sols relativement pauvres, mais craint la sécheresse, les racines poussant près de la surface. Pratiquer un arrosage léger tous les 2 ou 3 jours et un paillis autour des plants.

La germination des graines étant faible (environ 25%), il est plus efficace de replanter des boutures achetées chez un pépiniériste en demandant des plants à fortes concentrations en stévoïdes. Elle se bouture facilement en toute saison et se transplante en même temps que les tomates, étant sensible aux températures inférieures à 10 °C. Elle pousse aussi bien en terre qu’en pot. Les feuilles sont plutôt à récolter en automne car la concentration en stévioside (agent sucrant) est plus forte.

On fait sécher ses feuilles puis on les réduit en poudre (en prenant soin de retirer avec un tamis les nervures, qui ont un goût un peu amer). On peut ainsi sucrer ses boissons en faisant infuser des feuilles fraîches (une feuille correspond à un sucre) ou séchées. Les feuilles sèches sont entre 30 à 45 fois plus sucrées que le saccharose4. Compte tenu du fait que la demande d’autorisation de la plante n’a pas abouti, le commerce à des fins alimentaires des feuilles, fraiches ou séchées, n’est pas autorisé en Europe.

Alimentaire

Les extraits de stévia, étant intensément sucrés, peuvent remplacer le sucre, sans apporter de calorie, dans les produits « sans sucre » ou comme édulcorant de table (sucrettes(n.déposé), poudres…). La feuille de stévia est utilisée dans les infusions ou pour remplacer le sucre, également.

Le stévia convient à divers régimes (diabétiques, etc.). En Chine où il est cultivé à grande échelle, on produit un extrait qui s’exporte. Cependant, rien ne s’oppose à sa culture à titre privé qui permet à la fois d’être autonome en sucre et de se soigner…

Règlementation

Depuis le 26 août 2009, l’emploi d’un extrait de stévia en tant qu’édulcorant est autorisé provisoirement en France par un arrêté pour une durée maximum de 2 ans. Seuls les extraits raffinés contenant plus de 97% de rébaudioside A (100% naturel, sans calorie et 300 fois plus sucrant que le saccharose) sont autorisés8.

Son emploi dans les édulcorants de table est autorisé en France par l’arrêté interministériel du 8 janvier 2010, publié le vendredi 15 janvier 2010 au Journal Officiel9, également pour les produits minceurs (de type substituts de repas) et dans les préparations alimentaires de régime destinées à des fins médicales spéciales. L’arrêté augmente aussi sensiblement les quantités d’extrait utilisables dans les préparations.

Les extraits de stévia sont autorisés dans la plupart des pays asiatiques (Chine, Japon, Corée) et d’Amérique Latine (Brésil, Paraguay…). En Suisse, la stévia est uniquement autorisée comme ingrédient dans des tisanes, et ce en quantités minimes. La dose maximale de feuilles de stévia dans une tisane ne doit pas excéder 2 % des plantes entrant dans la composition du produit. Tout autre usage de la plante ou des feuilles est interdit dans les denrées alimentaires. Pour ce qui est de l’extrait de Stevia rebaudiana, son utilisation doit faire l’objet d’une autorisation de l’Office fédéral de la santé publique au cas par cas10.

Effets sur la santé

Une étude menée en 1985 sur le stéviol, produit de dégradation du stévioside et du rébaudioside (deux des glycosides présents dans sa feuille), conclut qu’il est mutagène en présence d’extraits de foie de rats prétraités avec de l’Aroclor 125411. Mais ces résultats n’ont pu être reproduits, et les données de cette première étude ne permettent même pas d’arriver à cette conclusion12. Des tests plus récents sur les animaux ont donné des résultats mitigés en ce qui concerne la toxicité et les effets secondaires de l’extrait de cette espèce. Certains de ces tests ont trouvé un faible effet mutagène13, et d’autres aucun danger14,15. Bien que les dernières études montrent que sa consommation est sans risque, les agences gouvernementales ne concluent pas à la sécurité de ce produit4,5,16.

En 2006, l’OMS a conduit une évaluation approfondie sur les expériences concernant le stévioside et les stéviols menées sur les animaux et les hommes, et a conclu que « le stévioside et le rébaudioside A ne sont pas mutagènes (ni in vitro ni in vivo) et que les effets mutagènes du stéviol observés in vitro ne se sont pas manifestés in vivo »17. Aussi, le rapport n’a trouvé aucun effet cancérogène. Enfin, il a été montré que « le stévioside est un principe actif chez les patients souffrant d’hypertension ou de diabète de type 2 », mais que d’autres études étaient nécessaires pour déterminer le dosage approprié.

En 2008, la FAO, via le commité d’expert du JECFA ont étblie une dose journalière admissible maximum pour le stéviol de 4 mg/kg poids corporel18.

Des millions de Japonais utilisent des extraits de stevia depuis trente ans sans aucun effet secondaire connu ou rapporté19. En médecine traditionnelle, ses feuilles sont utilisées depuis des siècles en Amérique du Sud et des recherches sont conduites depuis plusieurs années dans le cadre du traitement du diabète de type 220.


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Cela fait près de quarante ans que les Japonais utilisent la stevia comme édulcorant naturel, depuis que les autorités nipponnes ont interdit l’emploi des additifs, comme l’aspartame, édulcorant chimique, aujourd’hui considéré comme cancérogène à forte dose.

Poudre de stevia rebaudiana

Poudre de stevia rebaudiana

Pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps pour que la Food & Drug américaine d’abord (en 2008), les autorités sanitaires françaises ensuite, donnent leur aval ? La lutte contre l’obésité et le surpoids, véritable fléau qui touche 60 % des Américains, nécessitaient des mesures d’urgence. Longtemps, la stevia a été considérée aux Etats-Unis comme une plante abortive, alibi commode. Mais tout a fini par s’arranger lorsque Coca-Cola et Pepsi ont décidé, en 2008, de s’intéresser à ce produit.

Parions que, dans un avenir très proche, on trouvera cette plante dans la composition de boissons, de pâtisseries et de soupes, les publicitaires se chargeant de nous convaincre que l’industrie agroalimentaire veille sur notre santé ! Le suédois Real Stevia, l’un des distributeurs de l’édulcorant, estime que “d’ici cinq ans, la stevia représentera 25 % du marché mondial des édulcorants, qui se monte à 50 milliards de dollars”.

Les feuilles de la plante font l’objet d’une extraction par macération, qui donne une fine poudre blanche. C’est sous cette forme qu’elle sera commercialisée dans les prochaines semaines. Michel Rostang, le chef du restaurant du même nom (20, rue Rennequin, Paris-17e), spécialiste de la Chartreuse, a accepté de tester une petite quantité de stevia. “Sur la langue, la concentration donne une première sensation de froid, observe-t-il. Ensuite s’impose une douceur qui reste longtemps en bouche.” Il est clair pour Michel Rostang qu’il ne faut utiliser cette plante qu’après avoir étalonné son dosage, par exemple dans le cigare croustillant au tabac de La Havane, un dessert parmi les plus étonnants de sa carte.

Une nouvelle fois nous voici à la table de l’Amérique, des Indiens Guarani, une des rares populations sauvées du génocide. Imaginons que Colomb ait répandu la stevia après ses voyages. Aurait-on exploité la canne à sucre et connu l’esclavage ? Le diabète serait peut-être inconnu. Plus près de nous, André Malraux avait prophétisé cette découverte (Antimémoires, 1970) : “Le jardinier oublié avait fait planter des arbrisseaux pour que, des siècles plus tard, la psalmodie inconnue de la terre se fît entendre aux hommes.”